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Nous n'avons pas pu résister à vous présenter cet article de presse trouvé sur internet sur le site du Club Français du Chien de Berger Belge, car il parle d'un chien né chez nous, TOUM du Domaine de Joléa ( Murphy du Marais des Damiers + Pretty du Bois Garrot). Souhaitons que sa petite soeur An Ki marchera dans ses traces. An Ki du Domaine de Joléa, future chienne guide d'aveugle.
Voici la belle histoire d'un chien guide d'aveugle: Je suis éducatrice de chiens guides depuis le 1er juin 1981. A cette époque la sélection des chiots et le placement de ceux-ci dans des familles de tutelle bénévoles n'était pas généralisé en France mais largement pratiqué en Angleterre. Donc je n'avais à l'époque que deux solutions qui s'offraient à moi la première était d'aller à la S.P.A. choisir un chien en chenil et la deuxième était le don du chien d'un particulier qui ne pouvait le garder. Je prenais des animaux déjà âgé de huit mois, dont je terminais ou je refaisais l'éducation de base.
En 1981, le labrador retriever (utilisé par mes confrères éducateurs de chiens guides anglais depuis vingt ans) n'était pas si répandu en France, donc je trouvais face à moi en donation, des chiens de type chiens de berger, de races pures (berger allemand et berger belge) ou de très beaux croisements. Mon premier chien guide remis en septembre 1981 à Paris était LAIKA (une femelle croisée Tervueren / Berger Allemand) que j'avais récupéré à la S.P.A de Mougins (06), mon deuxième chien guide remis en décembre 1981 à Villeurbanne était MEDDY (une femelle Tervueren abandonnée par ses maîtres, de pure race), mon troisième chien guide remis en Haute-Savoie au printemps 1982 était NELL (une femelle Berger Allemand abandonnée par ses maîtres), mon quatrième chien guide remis à Nîmes en 1982 était encore une LAIKA (une femelle croisée Malinois / Tervueren, provenance S.P.A. de Mougins), puis jusqu'au septième chiens remis, je n'ai eu que des croisements de berger, et un beau matin en 1983, une femelle Malinois se nommant MARGOTTE de race pure est arrivée donnée par ses maîtres; cette chienne a pris la relève, à Vallauris, de GULA (croisement Groenendael / Malinois) qui avait 17 ans dont 16 ans de guidage!!!! Je pourrais continuer la belle histoire du chien de berger, mais le labrador à partir de 1986 s'est imposé avec le golden retriever et d'autres retrievers, ainsi que la sélection des chiots et le placement de ceux-ci dans des familles bénévoles. Une époque du chien guide venait de tourner la page avec une évolution de la technique, du choix des races et de la professionnalisation du métier et des écoles. Mais je n'oublie pas que cet homme extraordinaire, premier éducateur de chien guide de France, qu'était Monsieur Paul CORTEVILLE a éduqué des chiens de berger et ce, pendant des années. Donc le chien de berger est le premier symbole du chien guide, et il est important de garder en mémoire que le berger belge a également contribué à faire évoluer ce pouvoir du chien à aider l'homme dans ses déplacements. En 2002, quand Mr et Mme CASTELAN m'ont proposé le don d'un mâle Tervueren, je n'ai pas hésité une seule seconde a accepté cette donation de par sa provenance, et de par ma connaissance en travail de cette race. Ce fût un réel bonheur pour moi, de participer avec mon équipe éducative à la formation de « TOUM » qui m'a connecté avec mes souvenirs en travail et à mes débuts en tant qu'éducatrice. Si je dois faire une étude comparative objective et sereine des races précédemment citées, il a été reposant de collaborer avec un esprit toujours volontaire au travail, car de manière innée « TOUM » a manifesté tous les jours l'envie de bosser, avec un contentement sincère à la vue du harnais. Il a présenté une réelle capacité d'apprentissage avec une mémoire spontanée et travaillée performante, une grande possibilité d'intégration du conditionnement et d'en sortir pour faire preuve d'initiatives en cas d'obstruction d'obstacles sur les trottoirs, ainsi qu'une souplesse pour apprendre l'obéissance, les consignes directionnelles, l'observation de l'environnement et l'intégration de la notion de danger. Afin de ne pas développer un comportement exclusif vis à vis d'un maître en éducation, « TOUM » a travaillé avec les trois éducateurs et a suivi un cursus de placement chez nos familles bénévoles où il a montré sa capacité d'adaptation. Ayant un bagage affectif à poser, « TOUM » a tout fait pour se faire aimer de Bernadette, de la famille et des amis. La ville de Montluçon n'a plus de secrets pour « TOUM », ni les objectifs journaliers en parcours de sa maîtresse. Sa sociabilité fait que les personnes ne présentent pas une réelle appréhension à la vue de ce chien qui de par sa morphologie, son poil, la couleur de sa robe malgré ses deux oreilles droites et son regard franc, n'impressionne pas plus qu'un labrador. Il ne faut pas oublier que le chien guide est le drapeau de la relation humaine pour le déficient visuel, donc la présence de « TOUM » auprès de Bernadette doit l'aider à communiquer avec les autres. D'ailleurs, Bernadette entend souvent, ce chien est de quelle race? Et on pensait qu'il n'y avait que le labrador, le représentant en travail du chien guide !! Donc « TOUM » interpelle les personnes dans le bon sens. Après ce vécu positif avec « TOUM », l'Association les Quatre « A » pour laquelle je travaille a en placement en tutelle un autre mâle de race Tervueren qui se nomme « VOLCAN » et qui grandit dans sa famille de manière prometteuse, je lui fais déjà confiance pour qu'il suive les traces de « TOUM ».
Marie-Lise MULLER Educatrice et formatrice de chiens guide d'aveugles pour l'association quatre A
LA BELLE HISTOIRE DE TOUM CIIIEN-GUIDE D'AVEUGLE
TOUM est un mâle Tervueren qui a vu le jour à St Gérand de Vaux dans l'Allier le 14 avril 2002. Il a été offert à l'école de chien guide par Mr et Mme CASTELAN Jean-Michel qui ont présenté un profil d'élevage exemplaire pour qu'il y ait acceptation du don de TOUM, c'est-à-dire des conditions de naissance avec hygiène et sécurité ainsi qu'une présence humaine et un environnement d'éveil tactile, visuel et sonore qui contribue à construire un équilibre psychique et physique des chiots. Il est très important que les chiots qui nous sont offerts présentent un comportement déjà socialisé pour qu'ils puissent être placés pendant au moins une année dans une famille bénévole où il va apprendre :le renfort de la socialisation chez l'humain, la propreté, les notions d'obéissance de base (assis, couché, pas bougé, le rappel), le respect de l'environnement humain et des autres congénères, la marche en laisse, les expériences urbaines (transports en commun, les magasins etc....) et rurales (vaches, chevaux, tracteurs etc...) ainsi que les bons comportements adaptés à son futur travail de guide (traverser dans les passages protégés, la notion de danger quand il y a une voiture, l'apprentissage de la marche en laisse en équipe etc....). Pour en revenir à TOUM, le 25 juin 2002, il a été placé chez Mr et Mme AUDEBERT à Bort-les-Orgues en Corrèze où il a profité d'un environnement humain exceptionnel car ayant un commerce, les tuteurs ont permis à TOUM d'avoir une palette d'expériences de toutes sortes surtout accompagnée de nombreux repas au restaurant avec les clients. La famille ayant des enfants également et un entourage amical bien fourni, TOUM a appris précocement à tenir sa place de chien chez les humains. Pendant cette année de placement, à partir de l'âge de 5 mois, TOUM a suivi 6 stages à notre Centre Technique basé à Sermentizon dans le Puy-de-Dôme, de 15 jours à chaque fois, où il a découvert sa future école, ses futurs collègues chiens et où il a été testé en ville, en campagne et en obéissance par l'équipe éducative qui tient un cahier de classe précis avec des notations dirigées dont le double est remis à la famille de tutelle avec les conseils éducatifs dès le retour du chien. Avant l'âge de 5 mois, trois visites à domicile à un mois d'intervalle sont effectuées par les éducateurs qui ont pour tâche de vérifier si le chiot grandi dans de bonnes conditions et si le programme de travail est respecté. Mr et Mme AUDEBERT ont fourni ce travail de manière bénévole, par contre les frais vétérinaire, de pharmacie et la nourriture sont pris en charge à 100% par l'Association les Quatre « A ». Le 7 mai 2003, TOUM est entré en éducation à Sermentizon. Il a suivi un cursus éducatif que tous les chiens suivent, notamment un travail à la laisse durant deux à trois mois où TOUM a appris les renforts en obéissance acquis dans sa famille, les directions « gauche, droite, demi-tour », les arrêts trottoirs à la descente et à la remontée, la notion de danger face aux voitures, à présenter les passages protégés dessinés sur la chaussée, le travail de laisse en équipe afin de comprendre que l'on ne marche pas tout seul (à savoir que la marche aux pieds n'existe pas en chien guide, la position du maître est à la parallèle de la cuisse droite du chien). Une fois toute cette base chien guide acquise, le chien va apprendre pendant sept à neuf mois à observer, à analyser et à éviter « au harnais » les cinq grandes formes d'obstacles que l'on trouve sur les trottoirs ou la chaussée obstacles latéraux où le chien va apprendre à gérer une marge de sécurité pour que le maître puisse passer sans cogner (étalages, voitures mal garées, mobiliers urbains etc...), obstacles en hauteur (parasols, boîtes aux lettres, rétroviseurs, branches d'arbres etc...), obstacles au sol (défécations des chiens, flaques d'eau, tuyaux etc...), obstacles en profondeur (travaux non protégés, plaques d'égouts ouvertes, bateaux des trottoirs etc...), obstacles mobiles (les passants, les vélos, les voitures etc....). Il est très important de préciser que la deuxième partie éducative au harnais ne peut pas faire essentiellement appel qu'au conditionnement absolu, car il est primordial que le chien garde sa part d'initiative en travail en cas d'obstruction du trottoir et trouve lui même la solution, le maître déficient visuel étant incapable d'apporter une réponse. Nos chiens apprennent également à refuser l'exécution d'un ordre donné si celui-ci met le maître en danger, on appelle ceci « le refus d'obtempérer ». Afin d'être diplômé, nos chiens subissent un test où la notation est sévère et sans appel, car il faut prendre en considération que l'on met la vie d'une personne entre les quatre pattes d'un « canis lupus familiaris ». Ce test consiste à ce qu'un éducateur les yeux bandés essaie au harnais l'animal, un parcours inconnu de l'équipe, sous les directives d'un éducateur voyant qui doit être entièrement neutre vis à vis du chien laissant l'éducateur aux yeux bandés seul maître à bord sur le plan « contrôle vocal et gestuel ». Le test est réussi, si le trajet a été effectué dans la lignée du travail du chien guide. Pendant ce cycle éducatif d'une année, nos chiens partent en vacances scolaire dans la famille de tutelle pour se reposer, et en week-end chez des familles bénévoles qui les accueillent sur deux ou trois jours, d'ailleurs chaque chien a jusqu'à cinq familles de W.E.
Le 19 avril 2004, à l'aube de ses deux ans (âge idéal pour remettre un chien guide), TOUM accueillait à Sermentizon « BERNADETTE » âgée de 49 ans, sa petite maîtresse Montluçonnaise. Pendant quinze jours de stage, ils ont appris mutuellement à se connaître, à s'apprécier et à évoluer en ville et en campagne. Bernadette a suivi des cours théoriques dont: la morphologie de son chien, les maladies, le fonctionnement social canin (à penser chien) et des cours pratiques dont: le brossage, les séances d'obéissance, les cours de locomotion (apprendre à gérer l'espace et la captation des repères sonores, tactilo-plantaires en suivant au harnais un chien), les soins des yeux, des oreilles, à prendre la température avec un thermomètre sonore à son chien etc....
Pour Bernadette ce fût un réel travail, car TOUM est son premier chien guide, elle avait l'appréhension de ne pas être à la hauteur et elle a redoublé d'efforts poussée par sa motivation à être autonome, à affronter la jungle urbaine et l'amour à donner à TOUM. A l'issue du stage, l'équipe éducative a suivi pendant cinq jours TOUM et BERNADETTE dans Montluçon où ont été étudiés les trajets quotidiens (boulangerie, pharmacie, la famille, les amis etc...), et à raison d'une visite mensuelle et ce pendant un an, un travail éducatif est mis en place pour contrôler l'évolution de l'équipe et pour agrandir le champ d'action avec de nouveaux parcours. Après l'année d'adaptation, une visite à domicile est obligatoire afin de vérifier la bonne utilisation du chien et ce jusqu'à la retraite de TOUM (entre l'âge de 9 et 10 ans du chien), une décision prise selon son état physique et sa vivacité mentale. Une retraite largement méritée vécue soit chez Bernadette, si elle propose les conditions idéales notamment la présence permanente d'un humain chaleureux et aimant, soit dans une famille de retraite bénévole présentant les mêmes critères, sélectionnée par l'Ecole de chien guide.
Il est important de préciser que toutes les décisions sont prises dans le respect de l'animal tout en prenant en considération le ressenti du maître déficient visuel. La relation développée entre TOUM et BERNADETTE est chargée d'émotions, l'équipe éducative doit être à la hauteur pour accompagner le maître et le chien dans cette partie de leur vie.
Marie-Lise MULLER Educatrice et formatrice de chiens guide d'aveugles pour l'association quatre A.
Pour de plus amples informations : Association QUATRE A, La Forerie, 63120 SERMENTIZON Tél 04.73.53.07.13 ou par courriel à l'adresse Visu63@hotmail.com |